Vanina Méplain, l’avocate au service du droit des victimes !

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Découvrez le parcours de Vanina Méplain, avocate dévouée et engagée pour le droit des victimes et plus particulièrement des femmes.

Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour, je m’appelle Vanina Méplain, je suis avocate au barreau de Paris de 2009 et je suis spécialisée dans le droit des victimes.


Quelle est la particularité de votre cabinet ?
C’est un cabinet qui se veut engagé auprès des victimes de manière générale et plus particulièrement des femmes. C’est-à-dire que je peux défendre aussi bien des victimes d’accident de la route, d’erreur médicale mais je me suis beaucoup investie dans les associations qui luttaient contre les violences conjugales et contre le proxénétisme. Qui dit violence conjugale, qui dit proxénétisme, qui dit agression sexuelle dit qu’ on y trouve beaucoup de femmes.
C’est un cabinet engagé, j’y tiens vraiment. Ma marque de fabrique c’est que je m’engage auprès de mes victimes et particulièrement aux victimes femmes.


Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre ?
Entreprendre c’est une question de personnalité plus que de sexe. On l’a en soi. C’est presque un besoin, la liberté, l’autonomie et la satisfaction de ne rien devoir à personne qu’à soit même. Je le vis comme un besoin. Je suis incapable d’être salariée, je suis incapable d’être fonctionnaire, je n’ai aucun don artistique, je ne peux pas être une artiste. Je suis condamnée à être à mon compte, condamnée à réussir, je ne sais pas faire autre chose.


Pourquoi avez-vous décidé de devenir avocate ?

Depuis toute petite, j’ai toujours voulu être avocate. Ça a toujours été une évidence pour moi, je ne saurais pas vous dire pourquoi mais j’avais la volonté de combattre l’injustice. J’étais fan de Zorro, voilà. A l’âge où toutes les filles voulaient des petites robes, moi, je voulais des masques de Zorro. Donc je ne peux pas vous dire exactement pourquoi mais j’ai cette chance là d’avoir toujours eu cette sorte de vocation en moi. J’ai visité le juge des enfants pour voir en quoi cela consistait. On est magistrat, on est fonctionnaire, c’est pas du tout le même statut. J’ai fait un stage dans un cabinet d’avocat, j’ai continué mes études de droit et j’ai passé le barreau en me disant que je ne l’aurais jamais. C’est un peu contre nature car je suis timide, introvertie et c’est pour moi un métier thérapeutique.

La première fois que j’étais en audience, mes jambes ne me portaient pas et c’est encore le cas maintenant pour les gros dossiers. J’étais conseillère constitutionnelle et à chaque fois, j’avais l’impression que mes jambes n’allaient pas me porter et quand on me dit Maître Meplain c’est à vous, j’ai l’impression que je vais m’évanouir. Et en fait j’y arrive, j’ai même de bons retours. A chaque dépassement de soi, on prend confiance en soi, on prend de l’aisance, de l’expérience et on apprend à se faire confiance. On se dit qu’on ne va pas être capable mais toutes ses expériences passées, montrent qu’on peut y arriver. Plus on se dépasse, plus on va là où on avait peur et plus ça permet de prendre confiance et d’y arriver mais cela demande beaucoup de travail.

Comment avez-vous surmonté cette timidité ?
Je n’aime pas trop que les regards soient portés sur moi. Encore une fois, c’est contradictoire. Je n’ai pas l’impression d’avoir de l’aisance pour parler. C’est très rare que je sorte d’une plaidoirie en me disant je suis fière de moi. C’est à force de le faire et de regarder les confrères faire et de parler avec des amis magistrats, d’avoir leur retour sur les plaidoiries des avocats. Et je pense qu’il faut rester naturelle et ne pas essayer d’imiter les autres. Si moi j’essaye de faire du Dupont, je n’ai pas le même timbre de voix, ma voix ne porte pas comme lui, je n’ai pas le même physique, et si je fais du Dupont, je n’ai pas la même assurance, je vais être ridicule. Je pense que le secret c’est de parler avec sincérité et de croire à ce que l’on dit, essayer de se mettre à la place du client et de se dire que cette personne-là que je défends, pourrait être ma mère, mon père, ma soeur. Oui, il faut de l’empathie c’est sûr. Il faut aller vers quelque chose qui vous porte et vous y croyez. Si vous y croyez et que ça vous porte, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas, ça marche forcément. C’est magique.


En tant que femme, quels freins avez-vous ressentis en entreprenant ?
Je n’ai pas particulièrement rencontré de difficultés. En entreprenant, j’en ai rencontré un peu au début quand j’étais plus jeune dans le milieu du droit pénal que j’ai beaucoup exercé et que j’exerce encore avec beaucoup plus d’assurance, plus de maturité et d’expérience et notamment quand on est jeune avocate dans ce milieu-là, c’est vrai que c’est un milieu un peu misogyne que cela soit auprès des confrères, que cela soit auprès des clients. Mais au niveau de l’entrepreneuriat lui-même, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir rencontré des difficultés de par mon statut de femme. En revanche, ce qu’il faut préciser c’est que je n’ai pas de mari et pas d’enfants et mine de rien, vous me donnez un poisson rouge, je ne saurais pas quoi en faire. Quand je pense aux enfants par exemple, je vois tout de suite les difficultés que certaines femmes peuvent rencontrer.


Êtes-vous entourée de femmes dans votre activité ? Pour vous, quel est l’importance des femmes dans l’éco système entrepreneurial ?
Oui, je suis beaucoup entourée de femmes car ma profession d’avocate est très féminisée et le métier de magistrat également. C’est à 70%/ 80% des femmes. En revanche, quand vous regardez une promotion d’école du barreau, elles sont à 80% de femmes et quand vous regardez quelques années plus tard qui s’est installé à son compte avec son cabinet d’avocat, ce sont majoritairement des hommes et les femmes travaillent en tant que collaboratrice du cabinet.


Avez-vous des idées pour faciliter l’intégration ou l’évolution des femmes entrepreneures ?
Pas vraiment, j’ai l’impression que c’est insoluble. Il y a peut-être une partie psychologique. C’est-à-dire de se mettre peut-être des freins toute seule parce qu’on les a aussi conditionnées comme cela. Il y a donc une partie psychologique qu’il faut travailler et il y aucune partie matérielle qui sont les enfants. Quand elles ont des enfants, les femmes sont plus mises à contribution et du coup il y a une demande de temps et d’énergie plus importante. La journée dure toujours 24 heures et ce sont des êtres humains, pas des machines de guerre. Je n’ai pas de solutions miracles mais dans les entreprises, on pourrait développer des crèches intra-entreprises qui leur faciliteraient grandement le quotidien par exemple.


Quel conseil pouvez-vous donner aux femmes qui souhaitent entreprendre ?

Exactement le même que si elles étaient des hommes. Pas trop réfléchir et foncer.

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