La responsabilité sociétale moteur de la croissance de demain ?

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Edouard de Penguilly
Président du ME93

La Loi Pacte du 22 main2019 vient de fêter son deuxième anniversaire, depuis un peu plus de deux ans, la Loi Pacte, le Code civil et le Code du commerce intègrent des notions extra-financières aux objectifs des entreprises. L’objet même de l’entreprise a changé de nature pour ceux et celles qui souhaitent prendre en compte une nouvelle stratégie en devenant une « société à mission » qui définit dans ses statuts une nouvelle « raison d’être ».

Traditionnellement une entreprise s’organise autour d’un métier, construire une voiture, vendre de l’assurance, produire des machines, pour atteindre ces objectifs de métier, l’entreprise associe du Travail et du Capital dans le respect d’une rentabilité financière qui assure sa pérennité à long terme.

Depuis déjà quelques années la place de l’entreprise dans la vie sociale a évolué, de plus en plu d’entreprises, des grandes certainement mais aussi des PME et TPE se réclament d’une autre approche et donne à la responsabilité sociétale une place majeure dans l’écriture du plan stratégique. Les jeunes diplômés qui arrivent sur le marché du travail deviennent aussi exigeant sur la finalité de l’entreprise dans laquelle ils souhaitent rentrer. Les nouveaux créateurs d’entreprises intègrent directement cette nouvelle approche dans leur stratégie de développement et dans le type d’entreprises qu’ils souhaitent développer.

Les cartes sont rebattues, la mise en avant de la « raison d’être » de l’entreprise, fait naître de nouveaux modèles autour de la notion de « capitalisme responsable ». La simple recherche d’une rentabilité financière interne à l’entreprise est abandonnée au profit d’une rentabilité globale à l’échelle sociétale.

Ces nouvelles approches stratégiques donnent du sens à l’entreprise, elles témoignent de la volonté des dirigeants et des salariés de redonner du sens à leurs actions en y ajoutant ce supplément d’âme souvent perdu au cours des décennies précédentes. La confrontation entre l’intérêt privé de l’entreprise et l’intérêt général de la société qui nous entoure aujourd’hui et celle de demain devient l’essence même des choix stratégiques.

L’intérêt général prime. Le nouveau « capitalisme responsable » est né de cette évolution stratégique.

Interrogeons-nous sur la lecture des conséquences qui se font jour dans le débat sociétal actuel largement accentué par le choc de la Pandémie. A la fin des années « 60 » de nombreux ouvrages ont été écrits pour vanter « la croissance Zéro », aujourd’hui encore de nombreux militants de cette thèse existent et partent du principe qu’il n’y a pas de croissance du PIB sans croissance de la consommation énergétique et, en conséquence, sans croissance des pollutions et fragilisation dramatique de notre écosystème. Face à cette lecture pessimiste qui définit la croissance comme un mal, il y a une autre lecture, celle qui donne à la « nouvelle croissance » la « mission » de remettre de l’ordre dans notre « maison sociale » commune.

La « nouvelle croissance » doit s’organiser clairement dans la stratégie de pérennité de notre vie humaine dans le respect des règles fondamentales de la nature. Cela revient bien évidemment à la préserver et même à l’améliorer. La consommation des biens et des espaces naturels doit se faire dans un cadre stratégique d’une planification de renouvellement des richesses naturelles et de satisfaction des besoins légitimes de notre société.

Cette stratégie doit être celle de nous tous à titre individuel et collectif.

On doit retrouver cette stratégie au niveau des états et des collectivités dans la mise en place des décisions stratégiques adaptées :

  1. à l’organisation des espaces favorisant une optimisation urbanistique économe en consommation d’énergie ;
  2. à l’organisation du cadre réglementaire et financier favorisant et encourageant même les évolutions structurelles des acteurs ;
  3. en créant les conditions nécessaires au bon fonctionnement des partenariats entre tous les acteurs.

Au niveau des entreprises, les plus importantes et des plus petites doivent s’orienter vers l’économie de demain, faiblement consommatrice d’énergie et structurellement organisée autour de la pérennité et du renouvellement programmé des ressources essentielles. Cette nouvelle économie dont le recyclage des ressources naturelles est le générateur est celle d’un développement, créateur de richesses, préservant les ressources de la planète. Cette base de la « nouvelle croissance » est très éloignée des théories de la « non-croissance » puisqu’elle trouve son moteur sur le renouvellement et non sur le pillage des ressources naturelles. Il est évident que cet axe stratégique nécessite d’intégrer la recherche du « bien commun » dans les valeurs premières de l’entreprise. Cela devient la « mission », la « raison d’être » que l’on trouve dans la loi PACTE.

Au niveau des hommes et des femmes qui composent notre corps social, la « nouvelle économie » doit être la leur. Elle le sera, au sens où ils en sont les doubles acteurs, acteurs en tant que partie prenante à l’acte de produire et donc co-responsables des décisions stratégiques, acteurs en tant que consommateurs des biens et utilisateurs des services publics ou privés et, en ce sens, arbitres finaux des choix faits par les décideurs privés et publics.

La « nouvelle croissance » sera au rendez-vous, elle prend sa puissance dans le respect des valeurs que l’on retrouve dans « la raison d’être » des « sociétés à mission » formalisée ou non dans les sociétés qui représentent « l’économie de demain ».

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